| Chaque semaine il y a les séances, dites "questions au
Gouvernement" ou "questions d'actualité". Le Président
<<La parole est à Monsieur Le député élu du Peuple devant l'éternel. On
l'écoute.
Le Questionneur
<<Merci Monsieur Le Président, ma question s'adresse à Monsieur Le 1er Ministre.
-sous entendu, vu qui je suis, ou vu la grosse importance de ma question, je ne m'adresse
qu'au chef -. Comme vous le savez vous avez décidé de mettre en oeuvre une politique
volontariste, et nous serions avec vous si nous n'étions pas en désaccord avec la
majorité de l'opposition.. Aujourd'hui tout est résolu sauf ce qui ne l'est pas, et ça
ne serait pas pire que si nous n'avions fait ce qui aurait du ne pas l'être etc .....
>>. Souvent la 1ère phrase n'est pas terminée que l'on est déjà largué dans un
océan d'incompréhension.
Après un temps indéterminé, le Président :
<<La parole est à Monsieur Le Ministre des Droits et Devoirs. On l'écoute.
Le répondeur
<<Merci Monsieur Le Président. Monsieur Le Président, Monsieur Le Député,
Messieurs Les députés... (et qu'est ce qu'on se marre quand d'aventure il se trompe et
case un 'Monsieur Le sénateur ...), Je vous répondrai volontiers sans polémique que si
vous aviez fait de votre temps ce que nous n'avions pas fait auparavant, que nous avons
trouvé en patrimoine, et que nous avons mis en oeuvre avec autant de pugnacité, de
volontarisme que d'efficacité dans l'attente, grâce à la célérité des responsables
administratifs et fonctionnaires qui font preuve d'un dévouement sans faille malgré les
conditions que, ensemble, nous ne pouvons que subir, et auxquels je rends aujourd'hui
hommage, honneurs, reconnaissance et cirage de pompe à tous les étages, et ce d'autant
plus s'ils sont syndicalistes ex-futurs grévistes, je l'espére, s'ils votent pour
l'opposition et particulièrement ceux de mon Ministère qu'autrement sinon, ces ahuris
vont me mettre des bâtons dans les roues de mes mesures de réformes, contre-réformes et
dix de der ....
L'alternance
L'alternance a créé une sorte de scénario qui se répète et se repasse de gauche à
droite. Immuable.
D'un coté les questionimenteurs:
+ de l'opposition :
- "aux feux, y'a tout
qui brûle ... où c'est l'inondation partout"
+ ou de la majorité :
- "je m'excuse de vous
demander pardon de lire avec conviction la question que vous m'avez demandé de
poser",
et de l'autre la réponse
+ à l'opposant
- "meuh non, "on
" fait tout, alors que vous z'avez rien fait du temps où vous auriez du faire'
+ et la réponse au majoritaire
- "merci pour cette excellente
question qui grâce a votre sagacité ...".
Et ça dure depuis des lustres.... 1981 ... plus de vingt ans.
C'est plein de finesses, faut être un vieux briscard de l'Assemblée pour tout
comprendre. Pour certains on peut même dire que c'est leur seule qualité. Et on sent
bien qu'ils le savent et sont contents, fiers de l'être.
Et les Dépoutés ne sont pas les seuls à être des vieux briscards. Il y a dans
l'appareil une armée de permanents, de techniciens de toutes spécialités. Les bizus ont
moins de 15 ans de "métiers". Malgré une propreté sans faille, on sent comme
une épaisseur, une croûte de poussière. Mais bon, elle est sans doute indispensable.
Même si ça contribue, comme ailleurs, à se croire sur la lune avec 300.000 kms de
décalage entre les préoccupations des uns et des autres.
La télé
Le problème vient des séances en direct. La Télé. Ces jours là, l'Assemblée fait
le plein. On sent une effervescence de préparation, de mise en scène. Tous les
questionneurs veulent que leurs chers électeurs, et surtout leurs lobbies entendent bien
qu'ils ont posé "la" question importante. Et ça doit se bousculer au portillon
pour être le questionneur. Il doit y avoir des listes d'attente. Et il doit y avoir des
tractations, des interventions, des pressions, des ententes, pour gravir les places dans
la liste. Sans compter que les poids lourds ont un droit de cuissage/passage suivant
"l'importance" de l'actualité ou de la sublime question de fond, de forme, de
généralité, de particularité. ....
Je ne parlerai pas ici des aspects "je passe à la Télé", des "je
m'écoute plus que je parle", des "je vocifère et me fais une séance
psychothérapique gratuite", des "je fais des effets de manches", des
"je provoque", des "je suis agressif dans le calme pour provoquer les
brailleurs et tenter ainsi de faire passer mon propos pour intelligent parce que
dérangeant", etc... il y aurait à dire .... je m'arréte quelques secondes sur le
déroulement .
Il faut toutefois observer avec quels soins, le réalisateur TV évite de montrer des
images qui seraient dévalorisantes. On ne montre que le montrable. Pas celui qui dort, ou
qui gueule, gesticule, prend à parti avec des grands gestes, ou prend à témoins avec
des sourires obséquieusement entendus à un cher élu ami, pourvu qu'il soit plus haut
dans la hiérarchie du parti, histoire de bien montrer que l'on est un actif intelligent,
homme d'avenir, qui vaut la peine qu'on le soutienne pour des places à prendre, et qui ne
mâche pas ses applaudissements, ses encouragements approbateurs à chaque intervention de
cher chef ami ....
Pour être juste, il arrive, rarement, qu'une image se glisse de çi de là. Mais on prend
soin que cela ne concerne qu'un sous député. Pas de vagues.
A ce propos : drôle d'agendas : 2 à 3 jours pour entendre, expliquer ce que l'on fait
ou pas pendant les autres .... . Si l'on ajoute les passages sur les radios, les télés
câblés, la rédaction du futur livre sur l'Histoire de Valentin, grand parmi les grands
entre 15 heures et 18 heures au 14 éme siècle, on pourrait presque dire :
"c'est quand qu'on bosse ?".
Et malgré l'image, on pourrait presque croire que ceux qui bossent sont en réalité ceux
qui sont absents.
La présidence de séance
Pour mener la dramaturgie ... Le Président de séance, Président de l'Assemblée.
- Le Président : aie aie aie.... qué catastrophe ...... Dés la 1ère séance, il
passe son temps à presque hurler : <<taisez-vous>> à un interrompeur et
<<ne vous laissez pas interrompre, continuez, posez votre question, votre
question posez-là; je vous ai dit de poser la question>> à l'interrompu .
Sans respiration, mais avec exaspération; on a même l'impression qu'il demande à
l'orateur de parler en se taisant. Ce qui, souvent, ne serait pas un manque.
En face on sent bien chez l'interpellé.apostrophé/pris à parti, une
exaspération, qui doit l'amener à marmonner mille mots doux en direction de ce
Président empêcheur d'images, distributeur de bonnets d'âne; en direct télé qui plus
est.
Si l'on fait le total, son temps de paroles/engueulades à la proportionnelle, il parle
certainement plus que les autres ... un vrai bonheur ... Et tous y passent, y compris les
Ministres; enfin les petits, les poids lourds, il évite.
On sent bien qu'il veut bien faire, et faire en sorte que "le temps de parole",
2 minutes et demi, soit respecté.
Et alors, un truc, mais alors un truc qui énerve, agace et plus même avec
affinité .... à tout instant, il tapote avec son stylo sur le micro ....
J'ai bien tenté de faire un mail pour le dire ... ça n'a tenu qu'un jour .... il ne peut
pas s'en empêcher ...
Ah on sent qu'il a du le vouloir son perchoir, et que désormais il a une grosse envie de
tenir fermement la place et la Direction des ébats.
Après quelques séances, il s'est amélioré. Mais on le sent à l'affût; il guette
et il lui tarde qu'il y ait un dépasseur, interrompeur, histoire de montrer qu'il est
bien présent.
Alors quelques idées
- d'abord un bon valium pour le Président, quelques minutes avant l'entrée en
séance... Ca ne peut que lui faire du bien. Sinon un de ces quatre, il va déborder. Je
le sens capable de clamer un "5 ans fermes" à un dépasseur récidiviste ... à
qui ça ne fera pas de mal non plus (ou aussi).
- ensuite fermer le micro du Président pendant l'intervention des autres.
Comme au Sénat (semble-t-il).
- une signalétique avec un chronomètre sur le micro des intervenants :
histoire qu'ils sachent où ils en sont.
- avec un clignotant orange quand ils arrivent à la minute
- puis rouge à compter des 30 secondes
- la diminution du volume à zéro
- et la coupure pure et simple à - 5'. Le tout "automatique, de
façon à ce que le Président soit neutre, et que seule la "machine" contre
laquelle on ne peut rien, soit fautive. Et surtout ne pas faire une machine parlante
après appel d'offres et tout le toutim énarque.
- et, car je n'ai pas fini : un mauvais point -avec diminution des primes à la clé-, aux
permanents dit "assistants parlementaires" s'ils s'amusent à tapoter des
discours qui manifestement débordent du cadre : autrement dit, une question sur un
feuillet, même pour les coquettes qui veulent lire sans les lunettes. Fini les amusements
en coulisses et les paris pour savoir comment et en quel temps "il va mettre"
pour lire en 2 minutes ce qui ne peut être lu qu'en 5.
Et si avec ça, on n'y arrive pas, il restera les 5 ans ferme.
Les temps de parole
Décider au cours de la fameuse et sans doute fumeuse réunion des Présidents, entre
gens raisonnables qui prennent des décisions sur lesquelles les troupes s'assoient
joyeusement quand il est leur heure de causer dans le micro de la télé en sachant que
toute la famille les regarde.... et pour éviter le valium : laisser la gestion
du temps de parole au Président de groupe. Quand c'est fini, c'est fini.
De fait si engueulades il y a concernant les fautifs mangeurs du temps de paroles des
autres, ça se fera en famille et entre "amis".
Ce qui éviterait également les interventions et vociférations avec les allers retour
droite gauche.
Et enfin, et sans doute surtout : suppression du pinard à la cantine; au moins les
jours des questions d'actualités.
Les questions d'actualités : si l'on n'y apprend pas grand chose sur le fond des
questions et réponses, on ne se lasse pas des formes lorsqu'elles permettent
d'appréhender un peu de la vérité des personnes et personnages. |