| Création d'entreprise, confiance ? |
Au moins on peut faire, au plus on en parle.
Il fut un temps où l'on disait aux entreprises : "allez voir à l'export, il y a
plein d'activité, ici y'a plus rien à voir".
Aujourd'hui ' on dit : "créer votre entreprise, l'emploi, y'a rien à voir".
Et malgré les pénuries chroniques (les vraies : pas celles des marchands du temple qui
viennent se plaindre chaque saison d'hiver ou d'été du manque d'esclaves qualifiés) qui
démontrent sans doute la qualité et la justesse des prévisions, on continue toujours et
encore, à encourager à des créations d'entreprise, alors que l'on sait que plus de 70%
des "marchés" sont captés par les grands groupes, avec une grande partie du
reste 'réservé' et partagé entre ceux qui ont fait allégeance, et le solde pour les
membres du 'réseau'.
Du coup, on dit : "créez une entreprise, mais innovez'.
Sous entendu, "faites quelque chose qui n'existe pas".
Bien évidemment, il suffit de regarder autour de soit pour constater qu'il y a de la
place dans ce domaine, avec la plupart des produits qui n'existaient pas il y a 20 ans.
Mais plus encore que pour la création d'entreprises, l'innovation, la vraie, est une
affaire qui nécessite des compétences et des moyens rarement à la portée de tous. Par
ailleurs les circuits dits d'innovation ou ceux dont c'est la raison d'être, deviennent
de plus en plus des circuits "réservés", certains même en vase clos.
Et pourtant, depuis les sans ressources inqualifiés sous-RMIstes jusqu'aux cursus les
plus élevés des écoles d'ingénieurs prestigieuses, le discours est aujourd'hui 'en
avant crééez votre entreprise'.
Comme si le fantasme de l'entrepreneur ne faisait pas suffisamment de ravages en situation
normale.
Est-ce que c'est efficace ? la réponse est souvent dans l'obligation ou l'absence de
choix.
Est-ce que les cadres donnent envie ? |
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| Les affaires : |
Pendant, disons, 20 ans, pour ne pas remonter aux années 60 ou à
Louvois, le modèle d'entreprises efficaces est apparu avec les affaires
"découvertes" (qui n'était pas informé ?).
Plus tard on a traité ces affaires; la plupart du temps en se séparant des dirigeants
indélicats, à grand coup de MF d'indemnités de licenciements.
D'autres, prudents, se sont rendus compte que la mèche qu'ils avaient allumée, n'était
pas assez longue, ont passé la main, et prudemment pris leur retraite.
La tache s'est étendue au secteur social. Et on n'a pas tout vu ... malgré les réseaux
protecteurs qui veillent à l'opacité des lunettes |
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| Le cynisme et a rédemption : |
Hier, les mêmes nous ont fait des chartes d'éthique. Qui naît
depuis plus de 10 ans, va y croire ?
Aujourd'hui, la transparence, la gouvernence sont promues au rang de priorités.
Apparaissent des spécialistes, experts, formateurs en ces matières, comme si la droiture
était devenue l'exception innaccessible et le travers absent à rectifier.
En réalité, il s'agit, comme à l'ordinaire de canaliser les rectifications pour ne pas
bousculer l'existant et continuer à apprendre les richesses de l'art pour mieux en
appliquer les bassesses. Et les candidats pour faire montre de ces qualités sont
nombreux. L'application des bassesses est devenue la qualité principale indispensable au
plan de carrière et à la recherche de la protection du mentor -individu ou groupe-. Au
plus haut niveau, on appelle cela être "in the picture". La virginité du haut
ne vaut que par la protection des nombreux subordonnés.
Ceux qui dans une entreprise s'engagent avec des valeurs d'hommes et le font savoir ou
transparaître, sont le plus souvent écartés parce que dangeureux. Dans de nombreuses
entreprises, l'entretien annuel dit d'évaluation n'a pour but pour la hiérarchie que de
mettre à jour ces "qualités". Les évalués "systémes", roublards,
menteurs, hableurs etc ... sont des candidats bien notés pour évoluer dans la carrière.
Les qualités d'honneteté, de droiture, à technicité et travail égal, voire
supérieur, sont autant de dangers à écarter.
Alors tout un chacun en est venu à douter.
Douter de l'entreprise, des dirigeants, des conseils, des syndicats, des
environnements, des politiques .... |
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| La réforme des autres |
| D'un côté, on prétend vouloir le bien du "public", en
faisant grève/look-out autour des 35 heures, en se prétendant pour la réforme - pourvu
qu'elle concerne les autres - et de l'autre on nous prépare des contrats de travail
moderne; plutôt des temps modernes, soit un recul de quelques dizaines d'années, avec
des arguments et objectifs poujadistes, paternalistes et tayloriens. Vive le travail
temporaire permanent !. |
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| La confiance des "jeunes" créateurs |
C'est ce spectacle que les jeunes futurs créateurs ont sous les
yeux. Belle confiance qu'ils peuvent avoir dans le système. Et quand ils ont un contact
avec un "banquier" (SOS : définition du terme), ou un fonctionnaire (ce qui est
très différent de l'administration), alors tout ailleurs leur parait meilleur, parce que
rien ne parait amendable.
Et quand il se développe une actualité pour traiter de ces sujets avec sérieux, il nous
est sorti du chapeau un ou deux start upiens, qui viennent expliquer tout le grand talent
qu'ils déploient dans leur grande entreprise.
L'instant d'un "je passe à la télé" qui sera immanquablement suivi d'un
"est-ce que j'ai été bon - oui c'était parfait", ils passent de la grenouille
au buf en rêvant de tout le poids sur les futurs tours de table. |
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| Des promesses de présent pour un meilleur avenir |
Dans le même temps, qu'est ce que "la société" a promis
à tous ceux qui ont aujourd'hui de 15 à 35 ans : l'avenir
- avec le chômage, et une formule simple : le fils au travail met le père
au chômage,
- l'amour avec le sida,
- les loisirs avec la drogue,
- la sécurité avec le tout à crédit,
- les études avec des débouchés bouchés. Qualifiés, pas qualifiés,
combat différent et même punition voir ... et tout vers
l'insertion ...
- etc ...etc....
Et aujourd'hui, se rajoute :
- les affaires, à tous les étages de la société, et tout est fait pour la
prime aux tricheurs. Et dans ce domaine tout est bon, y compris les accusations gratuites
contre ceux qui font tout le contraire.
- les "Start up",
- les maffias,
- les OGM, les farines, les hormones, listériose, etc.... Rien pour
améliorer les perspectives.
- "la panique informative" dérange, fait peur, commence et aboutit à
n'importe quoi, à tout et à son contraire, à la multiplication des effets d'annonces
basés sur les vices de la publicité.... |
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| L'apprentissage permanent de la mutation permanente |
| En réalité tout est un apprentissage .... et on apprend lentement.
Et il s'en dit des bêtises, sans arrêt, et malgré qu'elles soient démontées, le
"je passe à la télé" recommence en venant expliquer ce qu'il ignore, connaît
mal, déforme jusqu'au contraire. Il détient la finesse du discours que toutes les
apllications quotidiennes contredisent. |
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| La solution |
Alors, tout pour la fuite en avant, le jusqu'au boutisme, le
renforcement des égoïsmes jusqu'à la marginalisation. Même et surtout chez les jeunes.
Mais les vieux et la majorité des élites en tête.
Tous vers le cynisme, qui tient lieu de pragmatisme, qui veut que tout cela soit pris
comme données à intégrer.
Et chacun d'en rajouter pour bien montrer qu'il fait parti de la 'famille', pour y entrer
et pour rester "in the picture".
Et l'exemple du haut a toujours une grande influence sur le 'bas'. |
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| Qui commencera ? |
Hé oui, la confiance dans un système, ca vaut comme pour les
hommes: l'histoire d'une vie.
Il appartient à "la société", en l'occurence les Gouvernements de créer les
cadres de l'expression de la confiance et de faire en sorte que ceux qui sont en charge de
les administrer, c'est-à-dire de les mettre en pratique, le fassent sans déviationnisme.
En gros de savoir ce qu'ils veulent, et faire ce qu'il faut pour l'appliquer.
Et ce n'est pas facile. Nombreux sont ceux qui n'en veulent pas, tout en se prétendant
promoteurs.
Qui aura le courage politique pour le faire ??!! (et pas seulement de l'annoncer ..). |
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